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Recherche interréseaux en éducation
Christine Partoune |
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| Localiser et situer des événements dans
un cadre de références spatialisées Objectif : avoir confiance en soi dans l'espace. |
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Localiser, se localiser est indispensable
pour l'homme de la rue, spectateur /acteur de faits divers :
pour se déplacer, pour identifier l'origine des produits
qu'il consomme, pour situer les événements qu'il
vit ou dont on parle, tant locaux que mondiaux. Cette compétence
contribue à assurer une certaine sécurité,
dans la mesure où elle nous permet de structurer le monde
qui nous entoure, de sortir du chaos. Ce besoin est sans doute
rendu plus aigu par l'accès généralisé
à une information disparate, venue des quatre coins de
l'horizon, à tous moments, de toute nature, et de toutes
dimensions. Localiser. La géographie traditionnelle se réduisait souvent à cet aspect du savoir géographique, avec ses cartes muettes et ses listes énumératives sans fin ni sens, sans doute, pour l'élève, sinon celui de réussir l'épreuve qui couronnait ces exercices. C'est encore aujourd'hui l'image de la géographie la plus souvent vulgarisée (Trivial Pursuit, Questions pour un champion....). En dehors des géographes, peu de personnes savent (et en particulier les enseignants non géographes chargés d'enseigner ce regard) que le repérage dans l'espace a pris aujourd'hui d'autres contours, bien plus passionnants et significatifs. C'est ce qui fait qu'encore aujourd'hui la géographie est perçue comme tellement ennuyeuse a priori ! Pour le citoyen, l'important est de disposer de référentiels spatiaux par rapport auxquels il pourra structurer son espace-temps et situer quoi que ce soit, se poser des questions pertinentes et établir des liens. Cartes de densités, réseaux, flux, dynamiques, sont les mots-clés d'aujourd'hui, qui se concrétisent sur le plan technique avec la chorématique, rimant aussi avec interprétations et prévisions. |
Ces référentiels spatiaux sont à compléter par des modèles à construire/reconstruire/déconstruire par les élèves, afin qu'ils acquièrent cette compétence à long terme : celle de prendre l'habitude de se forger des systèmes de représentation spatiale significatifs, adaptés et adaptables, en fonction des mutations rapides de notre monde.Pour les élèves, il faut qu'apparaisse d'emblée l'avantage de disposer de ce nouvel outil de pensée et de compréhension. C'est pourquoi il est indispensable de réaliser ces exercices à partir de réalités concrètes qui les concernent directement, les rendant plus intelligents dans un domaine qu'ils connaissent déjà bien. Modéliser la répartition des clubs de football ou de la construction automobile, ou encore celle du réseau des autoroutes en Europe, par exemple. En outre, l'apport de logiciels permettant de réaliser facilement des cartes, l'essor de la télédétection et la mise à disposition par Internet d'un nombre considérable d'informations devraient apporter un souffle nouveau à ces exercices. Ayant compris en les réalisant l'intérêt de ces raccourcis de pensée que sont les modèles, les élèves pourront ensuite plus facilement découvrir et éventuellement mémoriser, des cartes ou des schémas de synthèse sur d'autres sujets, considérés comme "incontournables". Cette sélection n'est pas neutre, et restera sans doute liée à la sensibilité de chaque enseignant et à son engagement politique. Considérant toutefois certaines lignes directrices fortes inscrites dans le décret mission, nous en proposons une qui traduit notre façon d'envisager une éducation à la démocratie, au pluralisme et à l'interculturel, sous forme de suggestions d'atlas spécifiques à construire. Atlas des libertés, atlas des inégalités, atlas des cultures, atlas des hauts lieux et des réseaux, atlas des associations, atlas des alternatives, atlas des jeunes.... |
| Interpréter un paysage nouveau Objectif : pouvoir toute sa vie se construire des outils pour penser et comprendre l'espace. |
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Le paysage, c'est le décor du théâtre de notre vie. Aujourd'hui, sa valeur culturelle est mise en exergue, le paysage est devenu patrimoine. L'importance de révéler/développer un sentiment d'appartenance par rapport à notre décor de vie (partie de notre cadre de vie) est au centre des préoccupations d'associations socioculturelles. Dans le secteur économique, le paysage est devenu un objet touristique. Autrefois limité à ce qui se voit, le paysage est maintenant considéré plus globalement comme ce qui se perçoit avec tous nos sens. Pour les jeunes, nous avons déjà souligné l'importance de pouvoir s'approprier un territoire, dont le paysage est un des éléments. |
Mais il y a de fortes chances pour qu'ils quittent un jour leur paysage familier pour s'installer ailleurs. Un paysage, produit culturel sans cesse en évolution, est la traduction spatiale du fonctionnement d'un écosociosystème. Développer la capacité à interpréter, décoder un paysage nouveau et s'y donner des points de repères est un atout indéniable pour pouvoir s'adapter à un "changement de décor". On comprend dès lors que le concept de paysage géographique au sens strict et les outils pour le décoder peuvent aussi être transférés au concept plus global de "paysage", à tout "décor" de scène de notre vie, rendu plus lisible grâce un modèle construit ailleurs. |
| Guider/animer un parcours de découverte
globale d'un milieu Objectif : Se préparer à poser des actes personnels/collectifs en étant conscient de leur impact sur le cadre de vie (en tant qu'usager) |
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Pour être responsable, respectueux de son cadre de vie, il faut d'abord l'aimer, y être attaché, affectivement ou intellectuellement. Toute éducation à la responsabilité passe d'abord par ce préalable : installer un contact positif fort avec la personne ou l'environnement dont il est question. Et aimer, cela s'apprend, c'est le fruit d'un véritable travail. Il faut sans cesse lutter pour ne pas devenir indifférent, insensible, à la souffrance, à l'injustice... il est possible, souhaitable et nécessaire de développer à l'infini nos possibilités d'être touchés par la beauté de ce qui nous entoure, d'apprécier la paix et l'harmonie ... La géographie est d'un apport indéniable pour devenir plus sensible à la qualité des paysages qui nous entourent. Il est important que la démarche de découverte tienne compte de la globalité de la personne : besoins de ressentir du plaisir et de l'exprimer, d'imaginer et de rêver, de comprendre et de structurer, de vivre, d'agir et de partager... |
Au-delà du contact émotionnel, la géographie permet d'aiguiser son sens de l'observation et d'accéder à un certain nombre de clés de compréhension du paysage. Cette première étape de découverte devrait précéder tout travail de clarification des valeurs et de débat sur l'aménagement du territoire. Préparer un itinéraire de découverte d'un milieu et servir de guide à un groupe de participants est une compétence qui peut témoigner de l'intérêt personnel de l'élève pour ce milieu ainsi que de sa motivation à partager ses savoirs ou ses passions. |
| Evaluer les enjeux de la consommation
de quelques produits d'usage courant Objectif : Se préparer à poser des actes personnels/collectifs en étant conscient de leur impact sur le cadre de vie |
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Comment, par la géographie, être plus conscient de l'urgence de gérer les ressources terrestres dans la perspective d'un développement durable et équitable à l'échelle planétaire ? Comment, par la géographie, prendre conscience de la nécessité d'une solidarité sociale, à l'échelle locale, nationale et à l'échelle internationale ? En tant que consommateurs, les élèves sont déjà amenés à faire des choix de différents types : alimentation, vêtements, médicaments, moyen de transport... Pour sortir de l'illusion dans laquelle nous conduisent à la fois la publicité et l'offre de produits à des prix dérisoires, il faut permettre aux élèves de découvrir les informations qui les sortent d'une naïveté confortable (pour leur portefeuille) et séduisante (puisqu'elle permet encore de croire à la magie), mais complice (en contribuant à entretenir un système de production discutable). |
Il conviendrait de les initier au plus tôt à une réflexion sur leur consommation, tant quantitative que qualitative, et à une évaluation de ses enjeux écologiques, sociaux, économiques, politiques et culturels. L'apport de la géographie est précieux pour s'interroger sur le choix des produits à consommer (d'origine locale, nationale, internationale) et découvrir les mécanismes du commerce international, des multinationales, des localisations industrielles, de l'agriculture... |
| Choisir un mode de transport et un
itinéraire Objectif : Se préparer à poser des actes personnels/collectifs en étant conscient de leur impact sur le cadre de vie |
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| Les embouteillages, la pollution sonore ou atmosphérique, sont perceptibles par chacun. D'autres nuisances sont moins visibles. Se déplacer, transporter des marchandises ou de l'information, sont des actes résultant le plus souvent d'une décision individuelle ayant des impacts collectifs importants. Les géographes disposent d'outils pour réfléchir à ces problématiques, pour choisir un mode de transport et déterminer un itinéraire qui minimise les coûts internes et externes. Il convient de les vulgariser auprès des jeunes. |
Plus largement, les citoyens bénéficient d'infrastructures de transport construites par les pouvoirs publics à l'aide des impôts, à différentes échelles. Savoir comment se répartissent géographiquement les investissements, se positionner par rapport à des projets publics ou privés touchant au transport, comprendre l'importance d'une contribution individuelle pour garantir un service public... Autant de sujets qui sont peut-être encore loin des préoccupations directes des élèves, mais qui s'imposeront à eux dès lors qu'il s'agira de réagir à une enquête publique, d'apprécier un programme politique ou de remplir sa feuille d'impôts. |
| Choisir, aménager et gérer
son habitat Objectif : Se préparer à poser des actes personnels/collectifs en étant conscient de leur impact sur le cadre de vie |
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| Préparer
les élèves à vivre en société,
c'est aussi les préparer à se loger, mais
aussi plus fondamentalement à habiter quelque part.L'apport
du cours de géographie, dans l'approche de ce thème
éminemment interdisciplinaire, peut se situer à
deux niveaux, l'un "intérieur", l'autre "extérieur". Le niveau "intérieur", c'est celui du logement en tant que tel. Chacun doit entretenir, voire transformer ou construire son logement et est amené, pour ce faire, à poser des actes individuels en tant que consommateurs qui ont un impact au |
niveau collectif : choix de matériaux de construction et de produits d'entretien, consommation d'eau, d'énergie... Le niveau "extérieur" est celui de l'habitat, déclinable de plusieurs manières : la localisation du logement et son impact sur la vie quotidienne, qui renvoie aux autres sujets (transport, santé, consommation); l'intégration du logement dans le paysage local et la participation à son devenir, qui renvoient au thème de l'aménagement du territoire. |
| Gérer sa santé Objectif : Se préparer à poser des actes personnels/collectifs en étant conscient de leur impact sur le cadre de vie |
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Le thème de la santé est encore très peu présent à l'école secondaire, alors qu'il concerne directement les élèves dans leur vie quotidienne et renvoie à la question plus générale des droits et des devoirs des citoyens par rapport aux services publics, tout comme la question des transports. En dehors de l'intérêt personnel de l'élève, que nous pouvons aider à réfléchir à sa santé de manière globale et systémique, la question de la citoyenneté se pose à deux niveaux : celui de ses droits et celui de ses devoirs. |
Au niveau de ses droits, la cartographie des indicateurs de santé est un élément parmi d'autres pour se poser un certain nombre de questions et se positionner par rapport à la politique des services publics de notre pays en la matière. Au niveau de ses devoirs, un regard plus géographique sur cette question serait de le rendre plus conscient des impacts, à l'autre bout du monde, de l'industrie pharmaceutique, de l'amener à s'interroger sur la répartition inégale des indicateurs de santé au niveau mondial et d'établir le lien entre cette question et le fonctionnement global de différents modèles de société. |
| Participer à un débat
sur l'aménagement d'un territoire donné Objectif : Se préparer à poser des actes personnels/collectifs en étant conscient de leur impact sur le cadre de vie |
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La citoyenneté suppose que l'on dépasse
la seule perspective de l'intérêt individuel pour
prendre en compte les intérêts des autres individus
ou groupes de personnes, ainsi que les intérêts
de la collectivité. Les "besoins de citoyenneté"
auxquels nous devons nous atteler avec les élèves
sont notamment de contribuer à la lutte contre un certain
nombre d'idées paradoxales et de développer une
conscience sociale planétaire. A la suite de ce qui a été évoqué ci-dessus concernant la sensibilisation aux paysages, l'apport de la géographie est précieux pour se préparer à participer à la mise en valeur des territoires qui nous concernent et à réfléchir à un certain nombre de comportements quotidiens. Les thèmes prioritaires à aborder nous semblent relatifs aux besoins suivants : se loger, se déplacer, se récréer. |
Par exemple : - s'interroger sur la place et l'impact des transports individuels par rapport aux transports en commun en prenant conscience de la façon dont s'organise et se modifie un espace, à différentes échelles; - s'interroger sur l'impact des différentes formes de tourisme sur l'environnement "naturel", social, économique, culturel d'une région, d'un pays (depuis la piscine locale , le circuit automobile, les parcs d'attractions, les gîtes ruraux, ...jusqu'aux safari, Paris-Dakar, club Med, formules "Tunisie-3-jours pour 10000 frs", le tourisme pédophile...). Participer à un débat (par exemple via un jeu de rôles) sur l'aménagement d'un espace donné peut témoigner de la compétences des élèves à réfléchir le problème d'une façon systémique et nuancée, mettant en lumière les intérêts/besoins des différents acteurs ou groupes d'acteurs en présence et le jeu des relations de dépendance entre eux. |
| Décoder différentes formes d'organisation
de l'espace dans le monde Objectif : Contribuer aux questionnements d'une société sur la façon d'organiser et de gérer l'occupation de l'espace par les individus et les groupes sociaux qui y vivent |
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Aborder le sujet des différences culturelles de front peut provoquer des allergies violentes conduisant à une impasse de plus. Il est sans doute important de multiplier d'abord les expériences émotionnelles, affectives, qui donnent l'occasion d'un contact positif avec "l'Etranger" au sens large, au sens de "ce qui nous est étrange". La géographie, c'est traditonnellement une voie pour apprendre à découvrir et aimer l'ici et l'ailleurs, à voyager pour s'ouvrir au monde, à aller vers un espace inconnu d'une dimension supérieure à l'"espace intime connu", sans se perdre (découvrir une ville, élaborer un itinéraire de promenade, effectuer un voyage de plusieurs centaines de kilomètres). A l'heure européenne, de tels voyages deviennent monnaie courante, mais tous n'ont pas les moyens de se les offrir. Internet nous offre aujourd'hui des possibilités extraordinaires de rencontres riches et passionnantes ainsi que des propositions de projets à partager au-delà de toute frontière. La géographie peut aussi être le lieu de découverte d'un aspect spécifique de la culture, celui du rapport à l'espace : depuis la sphère intime jusqu'à l'aménagement d'un quartier, d'une ville, du domaine agricole... en passant par l'organisation du logement, la diversité des façons dont les hommes ont organisé, aménagé l'espace pour y vivre est un sujet extraordinaire de découverte et d'apprentissage du relativisme. Avec E. Hall et d'autres auteurs, rappelons que nos rapports au temps et à l'espace sont éminemment façonnés par notre environnement culturel et peuvent constituer autant d'obstacles à la communication et à la rencontre, si les codes particuliers à chaque culture sont ignorés ou non pris en compte. L'exploration du comment et du pourquoi ces codes particuliers ouvre la voie à une question beaucoup plus vaste, celle des valeurs d'une société et des modes de transmission |
qu'elle met en place pour se perpétuer. Cet effort de pénétration du système de l'autre, étape inhérente à toute démarche interculturelle, aide à prendre distance par rapport à soi-même (c'est la décentration), et donc à mieux cerner ses propres cadres de références, souvent considérés comme allant de soi, et non comme le produit d'une construction socioculturelle. Il s'agira donc, progressivement, d'aider les élèves à se construire une grille de lecture de l'organisation de l'espace à travers des exemples contrastés, à différentes échelles. Ainsi, à travers un décryptage de la façon dont se crée, se transmet, se transforme une culture, le géographe peut encore contribuer utilement à développer un esprit critique face aux discours de tous bords légitimant "l'identité culturelle", terriblement associée à la question de l'hégémonie territoriale. Aujourd'hui, les livres d'histoire sont changés pour mieux mettre en évidence "l'identité européenne" ou "eurégionale". Dans notre pays, nous sommes abreuvés d'ouvrages et de discours enflammés sur "l'identité flamande" ou "l'identité wallonne". Des arguments géographiques ou historiques sont mis en exergue pour justifier ce qui pourrait devenir une idéologie. Qu'il s'agisse de nationalisme, de régionalisme ou de "continentalisme", il s'agit toujours de marquer une frontière entre "eux" et "nous", d'identifier des arguments pour séparer, et donc pour privilégier, protéger, accepter ou rejeter. Il est de toute première importance, à l'heure ou la montée des extrémismes et des revendications séparatistes se fonde notamment sur la peur de l'autre et le repli identitaire, de préparer les jeunes à se méfier des discours faciles sur "leur" identité. C'est donc bien à travers l'exploration du délicat et explosif rapport entre culture et territoire que le cours de géographie peut notamment contribuer à construire un projet "humanité" fondé sur un respect du "tous différents" plutôt que sur la recherche d'un "tous pareils". |
| Négocier l'utilisation de l'espace Objectif : Contribuer aux questionnements d'une société sur la façon d'organiser et de gérer l'occupation de l'espace par les individus et les groupes sociaux qui y vivent |
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Préambule Soulignons l'importance d'inscrire ces objectifs dans une structure (au minimum celle de l'école) qui respecte ces principes fondamentaux, au risque de voir s'effondrer les espoirs engendrés chez les jeunes. Le sentiment de trahison est un des meilleurs pièges pour bloquer la démocratie. L'école doit renoncer dans les faits à amener chacun à la norme culturelle standard de la majorité, plutôt que de viser sournoisement l'assimilation en prêchant l'intégration. Comment, par la géographie, contribuer à la construction d'une société interculturelle, expression intégrant un fonctionnement démocratique et étant par essence pluraliste ? L'occupation et l'utilisation de l'espace (espace physique ou espace virtuel, comme celui du marché) est l'un des enjeux majeurs de la vie en société, source de conflits depuis toujours. Parce que la terre n'est pas extensible, parce que ses richesses ne sont pas également réparties, parce que nous sommes de plus en plus nombreux à l'occuper. |
Mais si "la géographie, ça sert à faire la guerre" (référence à l'ouvrage d'Y.Lacoste), ça peut tout aussi bien servir à faire la paix, si l'on sait tirer parti de la diversité plutôt que de la vivre seulement comme un terrain de jeux de pouvoir. Depuis le partage du territoire familial jusqu'au partage des ressources planétaires, que ce soit à usage privé ou public, individuel ou collectif, temporaire ou définitif, les questions sont les mêmes, les modèles d'analyses et d'évaluation sont transposables ainsi que les diverses solutions inventées/à inventer par les individus et les sociétés. La géographie, avec son regard global sur l'espace, prépare idéalement à la prise en compte des différents acteurs des conflits autour d'un espace donné, à la mise en évidence systémique des relations entre eux et au raisonnement sur l'emboîtement des espaces. Invitant à passer du contexte local à un contexte plus vaste, elle entraîne à s'interroger sur l'échelle qui semble pertinente pour résoudre un conflit. Sur le plan méthodologique, les dispositifs de simulation sont idéaux pour explorer de telles situations et construire des modèles de références. Il convient aussi d'analyser des situations réelles qui concernent directement les élèves, à l'échelle de leur quartier ou de leur commune, à l'échelle régionale et à l'échelle nationale. |